Ce texte met des mots simples et tendres sur la maladie d’Alzheimer.

Sur scène, un enfant, Ouais, et sa Grand-mère, Mémé Blanche.
Blanches plonge le public dans l’intimité des personnages et montre à tous l’importance des relations humaines, leurs fragilités, la communication entre les générations, le temps qui passe et l’impuissance ressentie devant la maladie.
La mise en scène permet une immersion dans l’univers des personnages, faisant émerger avec pudeur et émotion les liens affectifs entre un enfant et sa grand-mère, la complicité entre eux avant la maladie, puis cette perte de contact, progressive, et cette mort symbolique de leur complicité, qui ne supprime pourtant pas le lien.
L’espace d’un instant, Ouais et Mémé Blanche nous montrent cette fragilité, pleine de sourires, soutenue par deux enfants qui nous rappellent les chemins de notre mémoire, en accompagnant dans la joie et la construction positive la perte des repères à laquelle tant de femmes et d’hommes sont confrontés aujourd’hui..

Le processus

Depuis plusieurs années, la Compagnie Errance interroge le théâtre contemporain et notamment les auteurs jeunes publics, notamment à travers une pratique de laboratoire théâtrale, menés comme échange constructif entre amateurs et professionnels.
Un texte a interpellé plus particulièrement deux jeunes filles qui ont demandé à le jouer, après l’avoir travaillée lors de différents moments de recherche. Ces jeunes comédiennes disent les mots, qui résonnent avec les maux vécus. Du jeu naît le jeu, et aide à grandir, à poser les questions, à essayer d’y répondre, à apprendre en écoutant, en découvrant.
Ce travail a permis une réflexion sur la maladie d’Alzheimer et, par extension, sur les maladies qui affectent notre mémoire, sur leur évolution et sur notre attitude vis-à-vis des personnes atteintes. Pour cela, nous avons collaboré avec Isabelle Guichard qui accompagne professionnellement les personnes âgées, dans leur quotidien, avec leurs joies et leurs peines
Comédiennes : Romane Lopes et Anna Russo

Romane et Anna ont aimé Ouais et Mémé Blanche, à la première lecture, et elles ont demandé à jouer, à tour de rôle, l’un et l’autre personnages. Elles ont eu 11 ans avec le personnage de Ouais, et aujourd’hui elles continuent ce voyage qui leur fait découvrir aussi, à travers le jeu, toutes les étapes auxquelles sont confrontées les personnes touchées par la maladie d’Alzheimer et leur entourage.

Mise en scène : Simona Morini, assistée par Maud Dhénin
Collaboration artistique et pédagogique : Manolita Pilorge, Isabelle Guichard
Costumes et décor : Anne Sophie Drouet

Le jeu naît d’indications données par le texte de la pièce, de propositions des acteurs, d’intuitions, d’observations, de questions posées au fur et à mesure de l’évolution du travail.

Les décors et costumes.

La simplicité d’une maison, avec son petit jardin, ses meubles, ses fenêtres, son espace extérieur, la route, la guinguette, le ciel même… peu de décors qui aident à suggérer les lieux, concrets et imaginaires, dans lesquels évoluent les personnages. La présence et l’utilisation d’objets de la vie quotidienne permettent de rendre tangibles les absences ou écarts de la grand-mère par rapport à la réalité. Les costumes suivent les indications données dans le texte et s’adaptent aux diverses situations.

L’histoire

Ouais, petite fille rêveuse et flegmatique passe le plus clair de son temps avec sa Mémé Blanche, son excentrique grand-mère. Ensemble, elles jouent au badminton avec un volant invisible, dansent à la guinguette du coin, se racontent des histoires sur les grandes femmes de l’Histoire…et puis, Pépé Lulu est mort il y a trois mois. Mémé Blanche a besoin de compagnie et elle commence sérieusement à dérailler. Ouais ne comprend pas. Ses parents disent que Mémé Blanche aurait une chose dans la tête, ce « truc avec un nom bizarre ». Mémé Blanche, elle prétend plutôt que c’est Léon Zitrone qui la lui a volée.
L’accompagnement
Je suis assistante de soin en gérontologie de métier spécialisée dans l’accompagnement des personnes âgées atteintes d’une pathologie dégénérative. Comédienne de la Compagnie Errance, j’ai pu accompagner le travail de création par des exemples de situations vécues en lien avec les scènes décrites dans « Blanches ». Il existe plusieurs associations provinoises (les 4A, le CLIC, l’ICL) qui œuvrent pour aider les familles concernées par ce problème. J’ai proposé à ma structure d’être partenaire de ce projet. « Blanches » est une pièce écrite pour les enfants, qui permet un échange entre professionnels, non professionnels, enfants et adultes.
Isabelle Guichard


Les mots du partenariat

Depuis dix ans, des liens personnels se sont tissés entre le SSIAD Admr de l’Auxence et la Compagnie Errance. En 2000 une représentation de la pièce « Seul » de B. Lindstrom, avait été organisée ensemble à la salle polyvalente de Donnemarie Dontilly. La création en juin 2012 du service ESA « équipe spécialisée Alzheimer » au SSID a permis d’orienter ces liens sur cette pathologie encore si peu connue mais si répandue ! Le théâtre pense et interpelle avec des mots. Le soignant panse et soigne des maux, deux attitudes et deux approches qui s’enrichissent mutuellement ! De plus, cette fois ci la compagnie Errance propose un travail avec deux jeunes actrices qui interprètent avec candeur et naïveté créatrice cette pièce de Melquiot. C’est au carrefour de nos deux univers, l’univers théâtrale de la Compagnie Errance, et l’univers du soin de l’équipe ESA du Ssiad de l’Auxence, que la proposition de cette pièce trouve tout son sens.
Nous désirons proposer des journées qui seront une belle occasion de rencontrer de jeunes artistes et des soignants motivés. Ensemble, sur la scène et dans la salle, quelques heures durant, il sera je l’espère possible d’apprivoiser cette maladie d’Alzheimer si déroutante et si difficile à comprendre.

Et si mettre en mots…apaisait les maux.